Une nuit avec les chauves-souris

Une nuit avec les chauves-souris

Aujourd’hui, ou plus exactement ce soir, c’est avec Natacha (chargée d’études chiroptères) et Valentin (en service civique sur le suivi des chauves-souris) accompagnés d’une bénévole que trois comptages sont organisés au Nord du département. Il s’agira durant ces deniers de compter le nombre d’individus d’une colonie pour mettre en place un suivi de cette dernière et se faire une idée de leur évolution au cours du temps.

Avant de se rendre aux points de rendez-vous, un état des lieux est prévu dans le château d’une commune alentour : le vaste domaine parsemé de plusieurs bâtiments s’est vu devenir un lieu d’accueil pour les petits rhinolophes, ces chauves-souris au nez si singulier. Les propriétaires sont invités à disposer au sol dans l’ancienne écurie où ont été observés les petits mammifères du papier journal durant la nuit – et donc durant l’absence de la colonie – pour pouvoir récolter le guano (nom donné aux déjections des chauves-souris). Celui-ci sera ensuite analysé par un chercheur du Muséum National d’Histoire Naturelle afin d’acquérir des données scientifiques sur le comportement des colonies.

Après avoir expliqué le protocole de comptage aux propriétaires du domaine, nous nous rendons non loin de là sur un large terrain privé laissé à l’abandon. Les bâtiments vides abandonnés par l’activité humaine sont eux aussi devenus terre d’accueil pour les petits rhinolophes. Un comptage visuel est alors réalisé dans l’objectif de se faire une idée globale du nombre d’individus : dans le bâtiment ciblé, une quinzaine de ces derniers sera alors visible.

Dans le souci de ne pas perturber plus longtemps la colonie, nous nous dirigeons vers le dernier lieu de comptage qui cette fois-ci sera plus précis. Durant l’état des lieux de la propriété, nous tombons nez à nez avec un invité inattendu : un oisillon de moineau domestique tombé du nid ! Malheureusement, le sauvetage de ce dernier n’aura pas abouti, celui-ci étant probablement au sol depuis plusieurs heures déjà.
Armés de détecteurs à ultrasons et de compteurs, nous attendons que le soleil disparaisse derrière l’horizon pour guetter les points stratégiques de sortie de gîte des chauves-souris. Ici, ce sont des pipistrelles communes qui se sont installées dans les bâtiments de ce terrain agricole.
Dès 22h et les dernières lueurs du jour, les petites silhouettes apparaissent : elles sont là ! Les regards  scrutent alors chaque sortie pour ne pas en rater une et ainsi que le résultat du comptage se rapproche au maximum de la vérité. Ce soir-là, ce seront 83 pipistrelles qui seront comptées par nos quatre paires d’yeux attentifs.
À la fin du comptage, soit environ 1/4 d’heure après la sortie du dernier individu compté, nous décidons de faire un tour dans la grange voisine. Nous attendant à éventuellement rencontrer des pipistrelles, nous avons eu l’agréable surprise de voir un oreillard, seul, suspendu au plafond de la grange : une rencontre inattendue pour clôturer cette soirée de comptage.

Si les comptages de chauves-souris vous intéressent, ces derniers sont organisés régulièrement sur le territoire et les bénévoles sont les bienvenus. N’hésitez pas prendre contact pour plus d’informations ou à vous inscrire via ce lien ou à l’adresse suivant: touraine.chauve-souris@lpo.fr ou encore au 02 47 51 81 84.

Comptage chiroptères © Quentin Sureau