Un refuge pour la nature en centre-ville

Un refuge pour la nature en centre-ville

Aujourd’hui Léa, adhérente LPO, nous présente l’aménagement de sa cour, en plein centre-ville de Tours.

C’est en plein cœur du centre-ville de Tours que j’ai choisi de vivre, dans une petite maison de 40m2. Une condition était primordiale pour moi : bénéficier d’un espace extérieur pour abriter différentes espèces animales et végétales mais aussi favoriser la biodiversité.

C’est ainsi que j’ai aménagé ma cour de 20m2, mon petit « jardin » comme j’aime aussi le nommer. Eh oui, qui a dit que la faune et la flore n’avaient pas leur place en ville ? Un petit coin de « paradis vert » peut être favorable à quelques espèces…

Grâce aux aménagements que j’ai mis en place depuis quelques mois (nichoir, mangeoire, point d’eau, hôtel à insectes, plantes et arbustes), de nombreux insectes et certains oiseaux se font remarquer, et viennent même s’y installer ! L’été dernier, j’ai eu la chance et le bonheur de partager ma cour avec un couple de mésanges charbonnières qui a pu donner naissance à ses petits grâce au nichoir placé en hauteur.

Mais les oiseaux ne font pas que s’installer ! Ils profitent également des ressources alimentaires qu’ils peuvent y trouver… En effet, ils viennent aussi, en catimini, piquer les jolies fraises à peines mures sur mes fraisiers… Je me demandais qui pouvait bien manger mes fraises… Ou je devrais dire, « nos » fraises ! Eh bien, c’était une petite merlette que j’ai surpris un beau matin en train de s’agiter pour les attraper, pleine de persévérance (preuve à l’appui !).

C’est ainsi que j’ai choisi de les partager et de lui en laisser des bien mures !

En plus des oiseaux, de nombreux insectes et araignées élisent domicile ou sont simplement de passage. Certains aiment particulièrement se loger à l’intérieur des bambous sur lesquels le chèvrefeuille s’amuse à grimper ou dans l’hôtel à insectes qui se cache derrière le compost… Un point d’eau en forme de feuille d’arbre est également à leur disposition pour qu’ils puissent s’hydrater ou prendre un bain.

Parmi eux, des hyménoptères (abeilles solitaires, bourdons), des syrphes, des papillons (Piéride, Brun du Pélargonium, papillons nocturnes), des gendarmes, des sauterelles vertes, des vers de terre, des larves de cétoines dorés, des coccinelles, ainsi que des mollusques comme les limaces et les escargots…

Ces espèces, qu’elles soient des pollinisatrices, des auxiliaires ou des prédatrices, permettent la présence d’une riche biodiversité en centre-ville et, en s’autorégulant, permettent d’éviter l’utilisation des produits chimiques ! En effet, j’ai pu observer que la population de pucerons a fortement diminué depuis la présence des coccinelles (adultes et stade larvaire) mais aussi des petites araignées qui tissent leur toile entre deux branches et se cachent sous les feuilles…

Maintenant, la prochaine étape sera de poser un gîte à chauve-souris et d’attirer le hérisson pour son rôle de prédateur afin que les limaces et les escargots ne se servent plus tranquillement dans le potager (en pots !)… Mais ça, c’est une autre histoire… 😉