Année noire pour la reproduction des oiseaux des rivières en Touraine

Année noire pour la reproduction des oiseaux des rivières en Touraine

Les crues exceptionnellement tardives qui ont touché toutes les rivières de Touraine en ce début d’été ont eu des impacts très importants sur les oiseaux qui nichent au bord des cours d’eau.

Les sternes fortement impactées par la crue

Les sternes qui se reproduisent sur les bancs de sable de la Loire ont vu leurs œufs ou leurs poussins encore non volants emportés par la crue de début juillet. La LPO estime qu’une dizaine de poussins seulement ont pu échapper à cette crue. C’est la deuxième année consécutive que le succès de reproduction est pratiquement nul pour ces oiseaux qui avaient déjà eu affaire au même phénomène à la mi-juin 2020. Quand ce ne sont pas les crues tardives qui les menacent, les sternes doivent déjà affronter les dérangements fréquents par les baigneurs, les promeneurs ou les canoës. La conjonction de toutes ces sources de perturbations fait peser une menace pour leur maintien sur la Loire à moyen terme, notamment en raison du fait que la mortalité naturelle des adultes n’est plus compensée par un nombre suffisant de naissances.

Bilan contrasté pour les hirondelles de rivage et guêpiers

Les oiseaux ligériens ne sont pas les seuls à avoir subi la montée des eaux en pleine période de nidification. Les crues de la Creuse et de la Vienne ont largement compromis la reproduction des espèces installées sur ces rivières.

Les guêpiers d’Europe nichent majoritairement sur les berges de la Creuse, en forant des terriers dans les rives du cours d’eau. La crue de la mi-juillet qui a vu le niveau de la Creuse monter de 3,5 mètres a noyé la plus grande partie des colonies et des poussins qui n’étaient pas encore aptes au vol.

De la même façon, les hirondelles de rivage nichent en colonies dans des terriers creusés à même la berge des cours d’eau. Les quelques sites de reproduction localisés sur la Creuse ou sur la Vienne ont dû faire face à des augmentations respectives des niveaux d’eau de 3,5 et 4 mètres à la mi-juillet ! De quoi noyer l’ensemble des poussins présents dans les terriers à ce moment-là. Heureusement et contrairement aux guêpiers, la plupart des colonies d’hirondelles de rivage nichent sur des sites artificiels, notamment des carrières en exploitation. L’impact des crues a donc été limité pour la reproduction de cette espèce.

Après 2016 et 2020, cette année est une nouvelle fois marquée par des crues de grande ampleur compromettant la reproduction de plusieurs espèces d’oiseaux patrimoniales. La récurrence de ces phénomènes est une preuve du dérèglement climatique en cours et de ses conséquences sur la biodiversité.

Sterne pierregarin © Adrien Pineau